Blog - Le temps du répit
Aujourd’hui est le premier jour du reste de ma vie. Et cette réalité quand elle résonne dans notre fond nous remet en questions sur nos choix les plus anodins. On pensait tout savoir de nous même, on se pensait impossible à surprendre. Et puis un évènement mondial remettant toute notre société en question fait ressurgir des valeurs fortes cachées sous des feuilles mortes. On se se remet alors en question. Oui je suis loin d’être malheureux, je ne vis pas dans la guerre, ni dans la misère, j’arrive à offrir plus qu’il n’en faut à ma famille bien aimée. Alors pourquoi ce goût amer me revient?
À cette question on connait déjà les réponses. On revoit l’enfant en nous qui voulait changer le monde sans réaliser l’ampleur de la tâche. Cet ado qu’on a lentement bâillonner par des réalités lourdes à supporter. Des contraintes que l’on se fixe par le fonctionnement de notre société, notre entourage, le jugement, la hiérarchie… On ne l’oubli jamais vraiment mais on y pense comme un proche qui aurait trépassé. Il est dans notre mémoire, on se rappel de ses grandes idéologies, sans se rendre compte qu’on en oublie même les détails, les petites choses auxquelles il tenait beaucoup. On accuse souvent le devoir en oubliant ses droits d’exister encore.
"N’oublie pas l’enfant en toi et les rêves qui l’animaient" - Keny Arkana
Parfois cela prend des décennies avant un événement déclencheur. Une parole d’un inconnu qui fait écho dans notre être, un lieu qui vous évoque ce qu’on a oublié trop longtemps, une odeur que l’on avait assimilé à la liberté. Pour moi ce fut ce fameux virus dont la pandémie changea le monde. Je dû continuer de travailler en comité très restreint, avec des personnes consciencieuses, appliquées, agréables, solidaires. Je me demandai alors si je tenais vraiment à continuer d’avancer vers une voie qui n’est pas mienne avec des personnes qui finiraient par revenir alors que je me sentais beaucoup mieux en leur absence. Le nombre d’heure aussi! Quel joie de me rendre compte de tout le temps que je pouvais allouer à mon épouse et mes enfants.
L'avant de l'après
Puis des infos qui me venaient ça et là par le biais de sources que je n’ai jamais coupé. La terre se portait mieux. Les animaux se manifestaient. La qualité de l’air et de l’eau n’avait jamais été aussi pur depuis des décennies. L’envie de croire que ça allait durer, qu’enfin les gens prenaient conscience. Ça oui ils prenaient conscience. C’est du moins ce que je voyais.
Soudain on se sent renouer contact avec cet être que l’on a été et qui s’est peu à peu tu au fond de nous. Ses instincts qui nous faisaient vibrer rejouent des notes en nous. L’envie d’être celui qu’on a toujours voulu être, tendre vers nos aspirations. Donner le meilleur de Soi, apporter joie, motivation, optimisme auprès de ceux qui nous entoure. Se reconnecter avec cette famille qu’on fonde sans se rendre compte de tout ce qu’on ne bâtit pas nous mêmes. Se satisfaire de ce peu qui est tant, ne plus vouloir ou désirer, mais devenir et et construire. Reconstruire cet enfant en nous pour se retrouver vraiment. Un élan en ce printemps qui annonce pour moi une nouvelle dizaine.