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Blog - Détrico-méditer


« comment vous définiriez vous en 3 mots? »

On entend souvent cette question. S’il est vrai que ça ne dit pas tout les détails de la personne, en général il s’agit de ses entités profondes. Elles peuvent changer au cours d’une vie, comme ces trois fameux adjectifs peuvent changer du jour au lendemain pour tout un tas de raisons.

En ce moment je me définirai seul, incertain et rêveur. Pas seul à cause des autres. Mon parcours et mes erreurs m’ont amené à avoir un cercle de proches assez restreint à la famille. Pas que je m’en plaigne, mais avec toutes ces incertitudes qui m’assaillent il arrive que la pression soit trop forte pour les paupières.

J’en ai mal à l’ego de faire semblant encore tout les jours dans ce travail qui ne me ressemble en rien. Sur bien des aspects je ne suis pas à plaindre, comme toute ma vie l’a été en fait, mais encore une fois je ne me sens pas à ma place. Pas là où ma véritable nature me dit d’aller. Le sentiment de m’être laissé dérivé par des courants dans lesquels je ne voulais pas m’aventurer.

"J'ai tout quitter j'ai mis les voiles. J'suis pas à ma place, pas à ma place, pas à ma place" - Lujipeka

On se laisse facilement emporter par les excuses des besoins, des priorités, de l’aspect rationnel que nous impose la vie, comme si cela excusait de faire taire la véritable personne que l’on est, de bâillonner nos besoins pour satisfaire des devoirs que nous nous affligeons, comme s’il était impossible de concilier les deux.

Retrouver l’Humain en Soi

Je me rappelle lors de mes 17 ans, j’écrivais sur la table de mes cours en 1ère L « retrouvez l’Humain en vous ». En pleine crise existentielle, on appelle ça souvent la crise d’adolescence, même si ce genre de crise peut survenir a tout moment au cours d’une vie. J’avais pourtant grandi proche de la nature, en tout cas loin des grandes villes ou de bidonvilles, cages de bétons ou de taules, mais c’est comme si elle m’était revenue en pleine face sortie de nul part.

Était-ce moi qui m’était simplement perdu? C’est ce que je pense, c’est pourquoi grâce à une artiste particulièrement humaine je m’étais fait la réflexion qu’il était urgent pour moi et le monde en général de retrouver l’humain en nous, cette innocence pure et bienveillante, cette clairvoyance à propos de notre environnement mêlée à une perplexité face à nos sociétés. Retrouver nos aspirations originelles, ce qui nous fait vibrer plutôt que de suivre ce qui nous contraint derrière des fausses obligations. Oublier donc toutes ces lois et ces conditions que l’on s’impose pour ne pas sortir du lot dans le mauvais sens du terme.

Passer outre le temps et regarder ce dernier s’écouler en écoutant les bruits qui font du bien à notre cerveau, ces bruits primitifs de gazouillis d’oiseaux, l’écoulement mélodieux d’un ruisseau où le bruissement des grands arbres. Il était temps que je revienne à moi et dans cette composition dont je ne suis qu’une note.

Redécouvrez votre nature

C’est donc tout naturellement qu’aujourd’hui j’ai trouvé mon slogan: redécouvrez votre nature. Redécouvrez cette nature si proche de vous, qui vous entoure sans que vous ne vous en rendiez compte. Redécouvrez cette nature sauvage et douce en vous, celle qui vous donne confiance, qui vous fait vibrer de l’intérieur, qui vous rappelle que rien ne compte plus que de vivre heureux et tout faire pour se sentir bien.

Si du point de vue d’un babouin cela consisterai à survivre une journée de plus au nombreux prédateurs et garder ses affinités, cela est parfois plus complexe et peut même paraître superflu comme jouer de la guitare. Mais il faut comprendre que ce qui vous fait du bien au plus profond de votre être est tout ce qui compte. Faire plaisir à son ego par des nouveaux challenges accomplis, aussi petits soient-ils.

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Ces derniers temps ont été assez mouvementés et j’ai un peu perdu le fil de ma reconnection avec la nature. Il faut dire que je suis quelqu’un plein de doutes et qui veut toujours bien faire. Mais parfois composer avec des personnes qui n’ont pas cette optique et puis dans le climat particulier de notre époque, entre crise sanitaire et économique, ça devient vite pesant au moral. Finalement les choses coulent de source quand on prend du recul. Et puis on se rend surtout compte qu’on a perdu du temps, de l’énergie et des bons moments avec ceux qu’on aime a cause de tracas bien futiles. Le matin quand je regarde le soleil se lever, et mes filles s’émerveiller devant la beauté d’un ciel « multicolore », je ne souhaite qu’une chose: ne jamais oublier ces moments précieux et passer mon temps à les chercher. N’oublie jamais ce qui t’anime au plus profond de ton être, disait en d’autres termes une artiste qui a participé à l’élévation de ma conscience lorsque j’étais ado.

Mais au fond ce que je veux ce n’est pas compter mes souvenirs merveilleux sur les doigts d’une main, c’est de ne pas avoir assez de mémoire pour me souvenir de tous les plus beaux moments qui ont composé ma vie parce que ma vie fut merveilleuse.

C’est comme ces histoires que j’aimai tant écrire lors de mon adolescence, quand un moment venu je me suis fait la réflexion: est-ce que je veux être un écrivain reconnu pour ses fictions, ou est-ce que je veux vivre cette fiction, la faire devenir réalité dans mon quotidien?

Fais de ta vie un rêve et de ton rêve une réalité - Antoine de Saint-Exupéry

On pourrait comparer ça aux métaverses d’aujourd’hui. Veut-on s’évader dans une fiction, une vie fabriquée de toute pièce dans une vie que nous vivons nous-même?

Je pense que l’un comme l’autre, la faute revient à un malaise dans la vie que nous menons. La faute à une illusion que nous subissons la vie, que nous n’avons pas demandé à naitre. Mais si c’était le cas? Si nous avions été le créateur de notre propre existence, comme l’on fait avec nos personnages et nos avatars de jeux vidéos? Choisissons-nous dans nos fictions que notre personnage se laisse aller à la passivité, se laisse avoir par les aléas et se contente d’encaisser sans broncher jusqu’à se réfugier à son tour dans une fiction sans son propre univers parallèle?

Je pense qu’il ne faut jamais oublier que nous sommes les seuls maitres de notre existence, qu’il n’y a pas de bien et de mal aux yeux de chacun, juste des raisonnements différents qui dépendent purement de notre vécu, de notre environnement. Et justement, l’environnement et quelque chose qui ne s’oublie jamais. On peut se battre pour la justice, pour la paix, pour les mêmes valeurs que celui que l’on combat. On peut passer notre vie à se battre pour des principes qui nous sont chers. Mais notre nature sera à son apogée quand on laissera rentrer la nature en nous, et qu’on cessera de se croire à part entière.

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« Une vie entière à regarder par la fenêtre, à rêver en silence d’une autre vie d’un autre soi alors l’oubli de soi fera l’affaire! » - Keny Arkana

Ces mots résonnent de plus en plus dans ma tête, j’aurai presque envie d’outrepasser toute mes responsabilités parfois, et ne penser qu’à moi, l’envie de me sentir bien dans mon être, équilibré. La tête dans le guidon on fini par ne pas se rendre compte que le voyage passe vite, comme le temps, et on se retrouve à ne pas avoir savouré ce qui nous fait vibrer, trop concentré à ne pas chuter et gagner en vitesse, on ne remarque pas qu’on passe à côté de points fondamentaux dans notre vie.

Retour à l'essentiel, l'insouciance

Revenir progressivement à l’essentiel, la simplicité d’un mode de vie plus concret, l’authentique du basique qui a subtilement été détrôné par la nouveauté, l’appât de la fraicheur nous a fait croire que la soupe du jour était devenue fade, alors qu’au fond il n’aurait fallu qu’y ajouter un peu d’épices.

Les enfants sont une joie mais il est indéniable qu’ils prennent beaucoup d’énergie, alors on sera mieux à tafer et les laisser à des gens dont nous ignorons la compétence pour soulager cette contrainte. Donner un sentiment d’indépendance, de socialisation de nos rejetons, tant pis si cela se fait sans nous, parents.

Faire notre propre repas est une perte de temps, après tout la cuisine est un véritable métier reconnu plus qu’il n’en faut, surtout dans notre pays. Alors il est temps de lâcher prise, déléguer ce soin à des industriels qui prennent soin de proposer tout un tas de plats aux saveurs toutes plus variées. Après tout cela ne nous libérera que plus de temps, non?

Les loisirs prennent alors tout un autre sens, nous sommes d’autant plus sollicités par la publicité qui profite de l’aubaine avec autant de temps alloué à l’épanouissement personnel. Mais au fond est-il toujours aussi personnel et toujours question d’un réel épanouissement quand il n’est pas influencé par nos convictions, nos attirances. Reclus dans nos propres erreurs nous sommes fracturés de la réalité, de l’ouverture, la découverte. Nous nous emmurons dans nos certitudes et nos plaisirs sans comprendre le reste.

Nous devenons alors nous même produit de consommation auprès de sociétés revendant nos informations personnelles, produit de publicité par nos volontés de partager nos applications biaisées qui nous ont enchainé à nos avis tranchés, moyen de communication pour des sociétés toujours plus intrusives.

Le rythme de vie que nous pensions prendre pour nous écouter davantage se révèle être une prison de consommation et de servitude dans nos emplois qui nous sollicitent toujours plus, nous imposant un rythme totalement inadapté à notre nature humaine.

Il est temps de prendre du recul et sortir de votre zone de conforte devenue un peu une zone morte. Si la côte était dure c’est peut-être parce que nous étions pas en bonne posture, au pignon adapté. Le souffle doit se refaire. Arrêter d’être pressé par ces chronos bipés par des VTTAE.

"La vitesse m'empêche d’avancer" - Rocé

Rédigé par Grimaux Jonathan le .

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