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BLOG - Naître à nouveau


« On est lundi, maudit matin. Ce que je fais ne me plait pas. C’est décidé, d’ici demain: c’est plus moi » - Vianey

Cette rime tourne en boucle dans mon esprit. Outre le boulot en désaccord total avec les principes, les convictions, je veux moi aussi cesser d’être en désaccord et réduire mes traces indélébiles sur terre. C’est déjà frustrant de ne plus avoir suffisamment d’énergie le soir pour se motiver à prendre de nouvelles habitudes plus sensées.

Bien sûr mon plus grand acte écologique serait de changer d’emploi, pourquoi me suis-je fixé cet objectif de devenir responsable? Certains entendront toutes mes raisons plus ou moins légitimes comme mon sens altruiste, car si ce n’est clairement pas l’appât du gain qui m’a motivé dans la société où je travaille, c’est plutôt l’entraide, la cohésion de groupe, l’aide et la médiation auprès de mes collaborateurs qui m’a motivé, contribuer à de l’amélioration. Ça et me prouver une capacité que je rêvais d’avoir: du Leadership comme ils disent. Pouvoir fédérér les gens ensemble et faire mon possible pour les tirer vers le haut pour avancer tous ensemble.

À une très petite échelle certes mais au moins si j’y arrive, ne serait-ce pas là un début de victoire? Me prouver être capable de structurer quelque chose, de mener des choses, d’aboutir à des objectifs, petit à petit. Arriver à prendre un tel poste me rassurerai, je pense, sur mon projet. Savoir que je suis suffisamment organisé, structuré, efficace et même me prouver que oui je sais mener, pas de la manière dont le monde présente un responsable ou un chef, mais en qualité de meneur capable de reconnaître ses limites, ses erreurs, et montrer que quoiqu’il arrive il pense à aider son groupe.

Ou bien est-ce encore ma pseudo excuse de pouvoir assurer plus facilement ma famille si jamais je pars? La facilité de la fuite face à la réalité. « J’ai des obligations, je peux pas quitter mon job ». Oui j’y suis malheureux, oui tout mon entourage en paye le prix, mais j’ai des responsabilités, je ne suis plus un enfant. Je crois que c’est une merveilleuse manière de se fourvoyer que de croire qu’être adulte c’est avoir la responsabilité de piétiner ses désirs profonds.

Je ne sais pas ce que j’ai pu paraître aux yeux du monde, mais à mes yeux il me semble que je n’ai été qu’un enfant jouant sur le rivage, heureux de trouver, de temps à autre, un galet plus lisse ou un coquillage plus beau que les autres, alors que le grand océan de la vérité s’étendait devant moi, encore inexploré - Isaac Newton

Une chose est sûr je sais d’avance que ma place ici n’est pas sur du long terme, même si ma compagne ne l’entend pas de cette oreille quand elle voit les semaines passer sans changement.

Ne t’en fais pas mon amour, cette promesse je me la fais à moi-même. Je ne me laisserai pas mourir sans la respecter.

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Réaliser mes troubles intérieurs, voilà ce qui motive même si sur le coup, cela amène parfois à un air ahuri. Je m’interroge sur cette nature implacable qui a su passer les âges, se former pour arriver à des niveaux de complexité qui dépassent l’entendement. Je m’interroge à propos de sa disparition, je m’interroge à propos de la dissonance cognitive en moi qui prend de plus en plus d’ampleur. Ce combat qui me déchire de l’intérieur entre les valeurs qui me font brûler tel un soleil et ces responsabilités contraignantes qui me font croire prisonnier de mes choix. Comment vivre d’amour et d’eau fraîche quand j’apprécie ce grand écran et cette bibliothèque de films et séries que j’adore regarder tous les soirs avec un carré de chocolat et du chocolat chaud?

Noël arrive avec son lot de contradictions: on parle d’économies d’énergies en sortant un milliard de guirlandes lumineuses. On parle de sobriété avec le sentiment coupable de devoir offrir ce millième cadeau éphémère à son enfant pour pas qu’il se trouve être le seul enfant sans rien au pieds du sapin. On parle d’amour et de simplicité avec le sentiment hypocrite de devoir sourire et offrir ce que tout son entourage veut tant mais ne se permet pas, et les voir même si on en a pas du tout l’envie.

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Un an déjà

Pleins de contradictions. En nous ce joue une lutte entre un agneau et un fauve. Ma femme m’a fait réalisé (avec plus de froideur que je ne me fais moi-même la réflexion) que je prétend vouloir passer du temps avec ma famille mais que je reste à mon usine plus que ce que mon usine ne me paye. C’est vrai bien que dur à entendre. J’essaye d’équilibrer mes ambitions personnelles et professionnelles avec mes aspirations et besoins. Ce n’est pas toujours simple. Ça va bientôt faire un an que la graine « Le Tour de Soi » a germé, mais aujourd’hui je suis encore à sacrifier de mon temps pour cette société qui ne me ressemble pas au détriment de photos que je pourrais faire de mes filles afin d’immortaliser les merveilleux moments avec elles. Passer du temps à les écouter sans les interrompre, les laisser finir de longs monologues qui peuvent sembler inutiles mais je suis sûr plein de sens à leur yeux. J’écoute la pluie tomber avec l’envie de les enlacer ainsi que ma femme fort contre moi. Je lâche une larme avec encore du regret dans l’orgueil.

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Une autre année encore...

C’est étrange cette énergie émotionnelle qui, dès lors qu’elle est épuisée, nous fait voir presque tout de manière pessimiste et colérique. Alors que je me sentais encore plutôt bien ce soir avec le sentiment d’une grande quantité de travail accompli, c’est les soucis personnels qui sont venus l’affaiblir en un rien de temps, au point que j’ai envie d’envoyer chier le monde. Relativiser et garder le moral n’est vraiment pas évident dans ces moments. Demain c’est la 31eme fois que la terre aura fait le tour du soleil depuis que j’ai vu le jour. J’essaye de minimiser mes soucis avec cette immensité inconnue qui nous entoure. Je ferme les yeux, et j’essaye de synchroniser mon souffle avec celui de cette mère nature.

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Changer le monde commence par se changer soi-même

Je m’écœure un peu plus chaque jour de ne pas avoir déjà abouti à mon projet, de ne pas me défoncer chaque jour à ce qui m’est cher. Aucune excuse n’est valable à mes yeux et de voir toutes les informations toujours plus alarmistes chaque jour me donne l’envie d’arrêter d’être hypocrite avec moi même.

Les gens confondent souvent mon optimiste avec de l’abnégation. Certains me disent trop gentil, d’autres rêveur, d’autres encore que je vis dans le monde de Oui-Oui. Je ne pense pas être mauvais dans ma bienveillance, ma patience, mon indulgence. Je ne suis pas passif face aux abus, je ne suis pas victime, je pense simplement qu’une méthodes plus profonde et plus impactante existe que la riposte, que la vengeance. Si l’on veut voir un monde meilleur, comment faire autrement qu’en commençant par montrer l’exemple en changeant soi même?

Un éclair dans l’obscur parsemé de lucioles célestes. Je regarde mon VTT Noir et Rouge, Je décide de troquer ma partie de Red Dead Redemption pour une vie de rédemption sur ma monture noire et rouge, à l’image d’un chevalier écorché.

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C'est l'heure!

Aujourd’hui voilà 2 semaines que je suis en arrêt suite à un burn-out. A trop tirer sur la corde j’ai fini par céder. Les déboires sentimentales d’une vie de couple, la hiérarchie qui te presse comme un citron, le manque de reconnaissance, les galères financières, la sensation d’échec général… tout ça m’a amené à une prise de conscience de m’écouter moi. Et même après 10 jours, une amie me faisait la réflexion que j’étais encore dans l’envie de faire plein de choses. Alors qu’aujourd’hui je commence à me rendre compte que j’ai besoin de vraiment prendre soin de moi, je me vautre comme un idiot en vélo et me fêle une côte. Mon Père m’a dit que j’ai plus 20 ans. C’est vrai. C’est con mais ça fait un coup de vieux et contribue davantage à l’alerte morale sur mon état. J’ai réussi à être manager. Et puis? Il est temps que j’avance vers mon projet maintenant.

Rédigé par Grimaux Jonathan le .

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