BLOG - Premier pas
Flashback réminiscences
Une sorte de reconnection avec moi même s’opère c’est derniers jours. Le désir de ressortir de ces sentiers battus que je détestais tant. Quitter ce monde trop dense, trop fou, incohérent. L’émerveillement d’un enfant qui découvre une nouvelle couleur quand en fait je remarque juste un oiseau que je n’avais sans doute encore jamais pris le temps d’observer. Ça me manquait et cet enfant assoiffé de nouvelles découvertes, de nouveaux stimulis me réclament de plus en plus de suivre mes principes, d’arrêter de faire semblant, de cacher mon être par une apparence conforme aux yeux de tous. Rester bienveillant, oui, mais ne plus s’oublier pour satisfaire les attentes de chacun. Moi et moi seul face à moi-même, à ce que je suis, à ma nature humaine, à mon environnement, mon habitat, ma nature profonde.
Quand je pars au travail aujourd’hui je fais un long détour, le plus long possible, pour remarquer ce qui fait mon environnement: voir la végétation évoluer au fil des jours qui font les saisons, remarquer les différentes espèces s’affairer à leurs occupations primaires, essentielles. Fouiller les recoins d’un champs à la quête de nourriture, fabriquer le nid de sa progéniture en concevant soi-même son logement. Je me concentre sur ma respiration, sur l’air et l’humidité proche de la rivière, sur les reflets du soleil dans les gouttelettes de la brume matinale. Je me sens comme un enfant en école buissonnière, affamé de connaissance, débordant de question et comblé de patience qui prend le temps de faire et refaire ses expériences pour comprendre.
Je m’amuse d’ailleurs à m’essayer davantage dans des sentiers plus techniques, des sous-bois plus denses, des chemins qui n’en sont pas vraiment. Je me sens d’une infinie puissance quand je ressent cette nature sauvage si proche et que je tenais tant à distance par mes oeillères. Je sors la tête du guidon pour prendre plus de recul et mieux comprendre mon errance. Je ne prend plus la même route, je m’engage déjà sur des détours, le parcours sera plus long, le parcours sera plus riche.
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Ce doux soir d’été m’inspire. L’envie de me retrouver autour d’un feu de camp, des personnes avec qui partager ce bien être simple. Les étoiles qui commencent à scintiller dans ce ciel aux couleurs pastels, le calme et la silhouette des arbres sur un fond de nuages semblants dessinés à la craie. L’air doux et sain de la nature. Le chant des quelques oiseaux qui regagnent leur dortoir dans un écho forestier. Une clarté des sons comme des étincelles du soleil à travers le feuillage.
Le temps ne s’arrête pas, mais qu’est-ce qu’il est beau quand on le regarde défiler dans sa simplicité absolue, sans aiguille, sans délais, sans limite. Comme une femme nue qui déambule d’un naturel sauvage, d’une pureté innocente, d’un monde où il n’y a aucune attente, aucune précipitation.
Je voudrais faire ressentir ces moments qui durent à des gens qui veulent bien prendre le temps de plonger dans cette bulle. Cet éternel éphémère, ce renouvellement constant qui évolue sans frontière, sans chronologie prévisible. Effleurer l’horloge biologique de son enfance, où l’on ignore la différence entre « demain » et « tout à l’heure », où le futur et le passé sont des notions aussi floues que des calculs mathématiques issus de physicien à nos yeux d’adulte.
Une merveilleuse histoire du temps où la relativité est celle du regard que l’on porte sur les évènements. Et quel évènement que de se sentir détacher de nos montres atomiques connectées. Ne plus craindre l’avenir et ne plus se soucier du passé. Et espérer que ce présent dure, figé par mes soins où je révèlerai la plénitude de ces quelques âmes croisées dans un décor qui les touche au plus profond de leur âme, leur apportant un souvenir éternel, que même les plus belles photos de l’histoire ne sauraient rivaliser.
Hier est un souvenir, demain est un mystère, aujourd'hui est un cadeau. C'est pour cela qu'on l'appelle le présent - Maître Ugway
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Je regarde en ce jour de presqu’automne la pluie tomber et le soleil descendre dans le ciel. C’est agréable d’écouter la pluie tomber. C’est magique cette lumière douce avec le bruit froid de la pluie qui tombe comme des étoiles filantes. Je regarde ces étoiles filantes avec l’envie furieuse de m’y doucher, de laisser l’eau recouvrir mon corps comme une délivrance salvatrice. Est-ce génétique? Est-ce la conscience que d’autres dans le monde ne voient que trop rarement l’eau?
Je l’ignore mais ces moments où le soleil et la pluie se rencontrent sont pour moi comme des instants magiques, un spectacle qu’il faudrait glorifier.
J’ai au cours de ma vie pu connaître la vie dans un pays où il n’y a même pas de compteur de relevé d’eau dans les maisons tellement cette ressource est abondante, et dans un pays où la saison des pluies est attendue avec impatience. Deux opposés qui font prendre conscience de l’importance cruciale de l’équilibre sur terre. L’équilibre de l’eau et du soleil, de la chaleur et la fraicheur, de l’abondance et le rationnement, des proies et des prédateurs, du végétal et l’animal.
Le ciel en cette période est somptueux, parsemé de nuages de toutes formes, à différentes strates, cela donne autrement du relief à la voute céleste.
Je découvre un monde de sérénité en laissant mon esprit divaguer au gré du vent. Alors que la plupart du monde en yoga ferme les yeux pour visualiser un monde paisible et équilibré, je m’amuse à voir la nature telle qu’elle est dans ces moments.
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18h10, je ne suis pas encore arrivé chez moi alors que le couvre feu est passé de dix minutes, mais ce soir je m’en fiche encore plus que les autres soirs. Une adorable chouette effraie m’a fait le plaisir de chasser juste à côté de ma route et m’a laissé l’opportunité de prendre quelques clichés d’elle à la volée. Si j’ai regretté ne plus avoir mon téléobjectif et mes réflexes de photographe animalier, j’ai réussi à capturer son vol ce soir, et cela a regonflé mon énergie et ma volonté d’observer la faune dans son environnement, tout autant que de partager mes connaissances et mes excursions avec des amoureux de la nature.
C’est difficile à expliquer, ce besoin primaire de vouloir partager un moment qui nous réjouit, qu’il soit exceptionnel ou ordinaire, je ressens cette envie irrépressible de partager un moment qui m’a apporté un sourire, un éclat de rire, une fierté, un accomplissement. Le fait de partager son propre bonheur dans l’ambition nue de toute comparaison, mais au contraire avec l’envie profonde que l’autre puisse ressentir un même bonheur intérieur.
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Ma fille m’a fait écouté la chanson « enfants du monde » sur laquelle elle va danser pour la fête des écoles. Ça aussi ça joue sur le moral, je suis un père qui cherche beaucoup à réduire son empreinte carbone, mais j’espère que mes enfants n’auront pas ce sentiment d’un parent qui n’a pas transmis les valeurs les plus importantes à ses enfants. Le temps passe et plus ça va plus j’en prend conscience, et paradoxalement je prend plus le temps de faire les choses posément et proprement, parce que les choses faites pleinement sont des choses vécues et non des tâches à cocher sur un agenda ou une expérience sur un CV.
Ce soir que j’écris ces lignes, je me suis posé près d’un énorme rocher que les humains utilisait à l’époque mérovingienne pour leur culte autour du soleil. Ce dernier s’est couché il y a une heure, j’ai pu admirer la fameuse « golden hour » que je préfère appeler la douce chaleur. Et alors qu’une demi lune commence à être seule à éclairer cette nature encore un peu sauvage, je me sens moins effrayé que dans mon appartement. Dans mon appartement, dans la société, dans cette civilisation, j’ai le sentiment d’être habité par des démons et devoir lutter constamment contre des instincts primaires, des peurs, des doutes. A cet instant je regarde le ciel et sa multitude de couleurs crépusculaires qui me fascine, j’écoute les sons de la faune et la flore autour de moi, et je me sens bien mieux que dans une société perverse qui veut dicter ma ligne de conduite. Cela fait 5 semaines que je suis arrêté, et aussi paradoxal que ça puisse paraître, ça me fait un bien fou, mais ça m’effraie de perdre cette bulle de bien être. Pas une bulle de confort, mais vraiment de bien être physique et mental. Je me sens mieux, je gère mieux mes émotions, je prend plaisir à être avec mes enfants, et je m’écoute. Comme là ce soir, je n’avais pas envie de voir du monde, pas envie de travailler sans motivation des photos faites il y a une semaine, je voulais être seul face à moi même. Vous écrire ce petit témoignage d’un être en quête de lui-même. Ici j’ai le sentiment de pouvoir laisser libre court à qui je suis vraiment. Ne pas craindre d’être jugé, noté, accepté ou rejeté. Je suis un être vivant avec tout ce qui le compose.
Je me suis prouvé être capable de certaines choses, mais aujourd’hui je ne veux plus ressentir cette pression d’être parfait sur tous les fronts et de devoir gérer les humeurs de chacun. J’ai envie de pouvoir m’exprimer librement et me sentir bien. Je sais que je vais devoir quitter encore une certaine « zone de confort », mais ce sera pour gagner ma liberté, la liberté de me sentir bien, me sentir libre et épanoui. J’en ai besoin.
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Optimiste je le suis devenu au point de préférer le printemps à toutes les saisons. Cette période qui est dans la croissance. Pas que je me sente mal dans les autres saisons qui chacune apporte son lot de plaisir. Simplement je suis devenu amoureux de ce sentiment de jours croissants, de température qui lentement augmente, ces animaux qui s’animent et se diversifie de plus en plus, ces paysages qui verdissent sous un ciel bleu parsemé de cotons.
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Je branle un Bisounours
Transformer le rêve américain de possession, d’apparence et de richesse polluante par une quête de richesse intellectuelle et spirituelle, je branle un Bisounours que de penser pouvoir convertir l’aspect de vouloir posséder chez l’être humain en conception d’être! En tout cas c’est ce que mon frère me dit quand il m’entend.
Les chiffres ne mentent pas, mais les personnes qui te donnent les chiffres peuvent les détourner à leur avantage. C’est ce que je me suis dit suite à cette réflexion que j’ai depuis un moment déjà. On entend parler depuis 2-3 ans que 1% de la population détient plus que les 99 autres %. Pour la masse populaire des pays occidentaux - dont j’en fais parti - vient alors l’idée que ce pourcentage est outrancièrement riche et que cela doit représenter toutes ces personnalités que nous voyons voyager régulièrement en jet privé dans des lieux paradisiaques. En réalité, il suffit de gagner 27000€ net par an pour faire parti de ce petit pour-cent. Ayant touché 21055€ l’année dernière, je suis donc facilement dans les 2 pour-cent les plus riches, et alors il revient à se dire: mais en fait sur la population mondiale, si je prend 100 personnes, je fais parti des 2 qui sont les plus riches! C’est un tout autre regard qu’on porte alors sur sa condition. D’où mon envie de détourner le « rêve américain » de possession et de richesse matérielle par ce que bon nombres de grands personnages de l’histoire se sont évertué tout au long de leur vie à nous apprendre: la réelle richesse, celle la plus importante. La richesse intérieure, celle de l’être. Celle de celui qui est naturellement heureux de ce qu’il fait, de ce qu’il conçoit, de ce qu’il apprend et partage, de ce qu’il est. Sans voir d’autres cultures, d’autres pays, d’autres horizons, on pense que notre mode de vie dans lequel on baigne est une norme, mais cela est loin de la réalité.
Je regarde dehors et je me demande ce que je veux au fond. Faire parti d’un monde, d’une société qui occupe son opulence dans des intérêts secondaires ou juste être heureux de peu? Je n’arrive plus à voir de sens logique et primaire dans cette société folle déconnectée de la nature. Et quand je tiens un discours de reconnection à la nature, de prendre du temps pour mieux comprendre, mieux se sentir, et réduire son impact environnemental, comment puis-je travailler la conscience tranquille dans des secteurs destructeurs et polluants?